Le “print” est-il vraiment mort?

Cette fameuse question! je l’entends si souvent que j’avais envie de lui consacrer un article tout entier. La question est vraiment complexe alors je vais essayer de la détailler.

Par définition, le print qualifie tous les travaux graphiques prévus pour des supports “papier”.

Aujourd’hui à l’ère du numérique, à l’ère de l’écologie, on imprime moins, on lit les journaux en ligne, tout passe par le web, le print n’existe plus!

C’est également une affirmation que j’entends souvent. Commençons donc par travailler sur ce point là. Cette affirmation repose sur le fait que le web “écraserait” ou remplacerait le print.

Doit-on vraiment opposer print et web?

Illustration représentant des livres de design calés sous une tablette.


Faire ressentir de l’émotion et séduire.


Le graphisme, de mon point de vue du moins, c’est une histoire de séduction. Tout son principe repose sur le concept de faire ressentir une émotion positive, et d’accompagner en douceur une personne à utiliser un objet, un service, qui lui parle, avec lequel elle se sent en phase.

Un jeu d’équilibriste entre légèreté et impact, volonté de vendre et volonté de répondre à des problématiques, pour les résoudre.

Oui, … je sais… nous sommes très loin des publicités agressives que vous allez trouver chaque jour. Une publicité qui va vous sembler agressive va l’être pour plusieurs raisons, 3 principales :

  • Car vous n’êtes pas la cible,
  • qu’elle est intrusive
  • ou qu’elle est mal conçue

Pour accompagner une personne à ressentir une émotion positive, chacun de ces deux médias a ses propres avantages et inconvénients.


Les éléments sensoriels utilisés par le web.


Vue et ouïe.
Ce sont les deux éléments de perception utilisés par le web. Ils vont attirer énormément l’attention, occuper l’esprit. C’est un fait maintes fois prouvé, l’écran absorbe l’attention. D’ailleurs les réseaux sociaux disent eux même que leur marché se situe “sur le temps d’attention qu’ils prennent à la population“.

Est-ce pourtant une mauvaise chose? Pas toujours.
L’image permet souvent une meilleure compréhension. Le son ajouté à l’image permet de mieux faire comprendre certaines notions :

De donner un impact plus fort aux discours que l’on veut mettre en avant, voir de générer des émotions fortes, plus rapidement que sur du print, les techniques de court-métrage aidant à développer des scénarii sur un temps très court.

Visuel et bande sonore vont de paire, et avec l’évolution des technologies web, on peut mettre en place plus de contenus ayant des rôles publicitaires certes, mais des rôles informatifs également.

De plus sur le web, l’utilisateur n’est pas passif. Il est un acteur direct : Il navigue de lui même sur un site, il choisit lui même ses vidéos, il choisit lui-même d’aller ou non lire, ou voir un contenu. Cette notion même peut créer un sentiment de confort lorsque le contenu est bien maîtrisé (exemple, les utilisateurs de Netflix se sentent libres de choisir leur contenu et trouvent la plateforme agréable à utiliser, elle a été pensée pour correspondre à leurs besoins).

Certaines marques jouent d’ailleurs avec cette notion de jeu aujourd’hui, pour proposer des contenus novateurs, en mettant en place des mini-jeux directement dans leur page web.
Exemple : Une série de fonctionnalités cachées de Google

Les éléments sensoriels utilisés par le print.


Vue, Toucher et odorat.
Beaucoup d’amateurs de livres le disent : rien ne remplace le toucher et l’odeur du papier. Dans la pub, le divertissement, et l’information l’émotion dégagée par le papier se situe dans le contenu comme en web, mais surtout via le support lui même.

Une carte de visite avec un toucher-soyeux, ou à l’impression relief sera agréable à tenir en main. Sa texture même rend l’objet désirable.
On retiendra plus facilement l’enseigne d’un fleuriste dont la carte de visite sentira le parfum de fleurs de la boutique.

De plus, un contenu print associe une certaine proximité avec l’usager. Proximité qui n’est pas aussi palpable sur le web.

Marketing, BigData et viralité VS affordance, praticité et proximité.

Nous l’avons vu, les deux médias ne touchent pas aux même préceptes pour rendre un contenu percutant, et agréable émotionnellement parlant. Mais il n’atteignent pas leur cible de la même manière non plus.


En web, le BigData, les techniques de GrowthHacking, permettent d’atteindre un ciblage plus précis.

Les réseaux sociaux (décidément, encore eux), sont passés maîtres dans l’art de créer des algorithmes de ciblage, extrêmement pointus.

Le contenu correspond alors d’avantage aux cibles et va plus facilement et rapidement fidéliser.

Les revers du web : la viralité. Contenus plus courts, sensationnalismes, instantané, les internautes passent moins de temps à lire, passent plus rapidement sur les contenus et les marques en jouent. Ainsi on a une impression de perte de qualité sur le web, les contenus se chevauchent, les médias mainstream se retrouvent au niveau des contenus de chats.

Le ciblage est plus qualicatif mais le contenu lui même l’est moins.

En print, il est beaucoup plus difficile de cibler. Les contenus sont réduis, et je pense que les stratégies des marques reposent avant tout sur la fidélisation de clients et de prospects connaissant déjà l’entreprise au moins de nom.

Oui, mais pas que. Le print repose également sur une forte notion d’affordance et de praticité. Je vais reprendre un exemple pris sur une vidéo de Brain.me (dont vous avez le lien à la fin de l’article par ailleurs).

L’affordance, est littéralement la capacité d’un objet à suggérer sa propre utilisation.  Si vous trouvez un menu sur une table de restaurant, vous savez immédiatement quel est son usage. S’il n’est pas sur la dite table, vous en cherchez un, ou demandez à ce qu’on vous en apporte un.

Quand à la praticité :
Lorsque vous êtes en rendez-vous client, il est plus simple de lui donner directement votre carte de visite que de lui dire d’aller sur votre site.

Lorsque vous représentez votre entreprise sur un salon, il est plus simple d’échanger des flyers devant un Roll’up représentant votre entreprise et de se serrer la main, que de tenir une conférence sur écran (ce n’est d’ailleurs pas toujours possible, et lorsque ça l’est, les temps de parole sont très limités). Mais ils viennent en complément.

Pas de disparition, plutôt une complémentarité et une alliance de choix : le Cross-canal.

Le web et le print aujourd’hui, de mon point de vue, sont complémentaires, et ne peuvent pas se passer l’un de l’autre. Liés l’un à l’autre par la charte graphique, le fondement même de l’identité d’une marque, ils ne s’effacent pas mais se complètent.

Une bonne communication web permettra de trouver et d’attirer des clients potentiels. Une bonne communication papier participera grandement à leur fidélisation.

L’avenir passe par le cross-canal. Le print n’est pas mort, il évolue simplement!

L’atout du web? l’interactivité. Et si l’on pensait à une évolution du print autour de ce concept?

J’en arrive à une conclusion similaire à celle de nombreux de mes collègues. Il y a un terrain sur lequel enquêter aujourd’hui. Une proximité encore plus forte entre les deux : la RA : réalité augmentée.

IKEA propose aujourd’hui, en plus de ses catalogues imprimés, de tester ses meubles, directement dans notre salon via une application de téléphone, permettant de les voir directement dans notre intérieur via son téléphone.

En avionique, des applications pour tablette aident certains ingénieurs à analyser des éléments de tableaux de bords des avions en observant le dit tableau via la tablette. Cette même application complète les imposants manuels associés en y indiquant certains points de référence.

On voit apparaître des cartes augmentées, des jeux mêmes jouant avec ce concept.
Exemple : les cartes RA de Nintendo :


En matière d’éducation le « Washable Book ». Ce livre pour enfant délivre un message pour sensibiliser à l’hygiène en « savonnant » une page.


Pour aller plus loin :


Si le sujet vous intéresse, je vous conseille la lecture de cet excellent article de l’ADN beaucoup plus centré statistiques et marketing :

Le papier n’est pas mort ! Gütenberg bouge encore !

Brain.me a également tenté d’y répondre, au travers de deux vidéos à destination de graphistes tentant d’orienter leur avenir professionel.

Le print est-il mort?

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