Freelance : 6 mois après avoir franchi le pas


Cela fait déjà six mois que j’ai quitté mon poste de salariée dans l’entreprise ATIMIC pour tenter l’aventure en freelance.

Il est encore un peu tôt pour avoir un réel recul sur mon activité, cependant il y a quelques questions auxquelles je peux déjà répondre. Alors c’est parti, pour un poste où je raconte ma vie de loutre Orléanaise, en mode questions / réponses ^_^ J’ai repris les questions qu’on me pose le plus souvent en mode pèle-mêle. Cet article étant plus personnel, il risque de ne pas être aussi structuré que les autres. Navrée par avance!

Pourquoi une loutre?

Mes premières ventes se sont faites “grâce” à ma petite mascotte, à qui je comptes donner plus d’ampleur un peu plus tard. En fait je compte en dessiner une nouvelle unique et l’hybrider avec mon logo.
Pourquoi une loutre? Car à l’époque où je jouais aux jeux en ligne c’était cet animal qui me représentait. Je riais beaucoup, je suis assez petite, et au final assez discrète. Oui, c’est mon emblème!
Et je ne peux pas en avoir d’autre, car ce n’est pas moi qui l’ait choisi : ce sont les autres qui me l’ont donné!

Pourquoi être partie en freelance?

Bannière de publicité de mon entreprise sur Facebook, montrant ma loutre et la liste de mes services : identité web, charte graphique et stratégie sur le web.


J’avoue que lorsque j’ai posé ma démission, j’ai sorti une version différente presque à chaque fois qu’on me posait la question. Je penses que la raison principale est que mon esprit de designer mais aussi de consultante ne fonctionnait pas avec ce que je voyais du monde de l’entreprise. Et à dire vrai je ne savais pas non plus où j’allais ni ce que je ressentais. En fait, j’avais besoin de respirer. Si je devais résumer : bien que dans une petite entreprise, certaines bonnes pratiques ne pouvaient être mises en place lors des projets à cause de nombreux blocages : hiérarchiques, financiers, etc… En un mot : l’entreprise était trop cloisonnée pour mon esprit aventureux.

J’avais tenté de faire tout ce que je pouvais, mais je tournais en rond, et cela me rongeait réellement. Je m’ennuyais et avais l’impression de régresser, sur des projets sans réel sens.

Pas que l’entreprise soit bonne ou mauvaise, simplement… je devais partir, c’était simple. Et je suis partie, sans filet. C’était le seul moyen de briser ce qui ressemblait à des chaînes mais aussi de me donner assez de pression pour travailler sérieusement. Le projet était mûri depuis assez longtemps (quelques années déjà)

Des difficultés à contrer quand on est indépendant :

La hantise des débuts

Quand on débute en freelance, on accepte de repartir presque à zéro. Quand on est mariée, c’est aussi potentiellement se reposer financièrement sur son conjoint durant un temps et c’est difficile. Mais c’est aussi lui qui m’a poussé à franchir le pas, ce qui n’est pas rien comme soutien!

C’est également avoir peur de ne pas trouver un nombre assez conséquent de clients.

Le handicap : décidément discriminatoire

Photographie de fauteuil roulant pour illustrer mon handicap moteur


Dans mon cas, le handicap joue un grand rôle dans ma difficulté à récupérer certaines missions. On ne va pas se mentir, même si les employeurs clament haut et fort qu’ils sont ok pour embaucher des personnes handicapées, il est difficile de prouver sa valeur quand on l’est. C’est un fait. Et j’en ai toujours subit les conséquences.

Il m’est extrêmement facile de dégoter des missions courtes, mais les missions longues, ou en régie me sont systématiquement refusées après entretiens physiques. En revanche, je passe toujours les entretiens téléphoniques haut la main.

La raison à ça? une très petite taille et un handicap qui ne peut pas être caché.

La proximité avec Paris

Photographie d'Orléans


Orléans est à la fois trop près et trop loin de Paris.
Trop près : les sociétés se basent à Paris. Pour un UI designer comme moi, 80% du marché de France se trouve à Paris. Cela vaut pour les salariés comme pour les freelances.

Trop loin : Orléans est assez près pour que les entreprises aient des succursales à Orléans, mais pas assez pour qu’elle y amènent leurs secteurs communication / design / ou leur pôles principaux d’IT. En revanche, elles refusent de prendre le risque de prendre des freelance à Orléans : trop loin. Une heure de train, c’est trop long, surtout avec les risques de retards de transports.

Je sais me vendre, en revanche prospecter n’est pas mon point fort


Mais je pense que cela évoluera. Réellement, j’ai confiance en l’avenir et en ma capacité d’apprentissage sur ce point. J’ai déjà beaucoup évolué sur ce plan en 6 mois.

Ma timidité

Image de loutres timides


Je parles fort,je ris fort, mais dans la vie quotidienne, je suis très discrète. Je n’aimes pas me mettre en valeur. Très présente sur les réseaux sociaux, je suis trop discrète sur Linkedin. Manque de bol : c’est le média principal d’acquisition B2B de mon secteur. J’ai encore des efforts à faire sur ce plan.

Je sais également que je devrais créer plus de contenu. La “mode” du moment étant à la vidéo. Cependant, je préfères privilégier le contenu de qualité (donc écrire moins mais mieux), que la quantité.


Quand aux vidéos, c’est hors de question. Je ne veux pas m’afficher sur la toile de manière directe.

Mais de sacrés bonnes surprises surtout!


En lisant les précédents paragraphes, on pourrait me considérer comme défaitiste. En fait, pas du tout, au contraire. J’adore mon nouveau train de vie!

La fatigue et les insomnies? envolées!


J’ai beau avoir le stress de la recherche de clients, je me sens mieux et je dors mieux depuis que je suis freelance. Je n’avais pas particulièrement de stress dus aux transports en commun, en revanche, le fait de travailler de chez moi et de pouvoir choisir quand je veux sortir pour aller travailler en extérieur correspond plus à mon rythme.

En effet, je suis peu productive le matin. En revanche, je le suis beaucoup l’après midi et beaucoup plus encore en soirée. Lorsque je travaille sur des missions très courtes en télétravail, j’ai donc choisi de décaler sciemment légèrement mon rythme, sans pour autant le casser.

Je ne vends plus de rêve, je vends du sens!

Photo : "design is intelligence made visible" - Alina Wheeler


C’était ma frustration principale en temps que salariée. Des années après, certains collègues en étaient toujours à confondre design et “joli”. Je ne sais pas d’où vient cette lubie d’associer design / créatif à joli et juste à ça. Mais devoir jouer les poseurs de couleur pour que ce soit joli n’avait rien à voir avec mon métier.

Aujourd’hui, je vends enfin du design : du sens, de la conception. J’aide, je conseille, je guide, j’analyse et enfin je crée.

Designer à tout faire : plus jamais!


A trop vouloir raboter les budgets, on fini par tomber dans une drôle de routine en tant que salarié : on monte en fonction, et au lieu de se spécialiser dans sa discipline, on commence à tout faire et ça n’a plus de sens.

J’étais seule sur des tonnes de domaines qui certes, m’intéressaient, mais ne correspondaient plus à mon métier.

Tantôt un peu motion, tantôt un peu UX, tantôt un peu flasheuse (à une époque lointaine ou c’était très demandé), tantôt maquettiste, webdesigner, chef de projet, chargée de com’, un peu commerciale, un peu intégratrice, un peu, un peu, un peu trop!. J’emmagasinais les connaissances autant sur mon temps de travail que sur mon temps de loisirs, puis est arrivé un moment où… à trop tirer sur la corde, tout a cédé. J’ai compris alors une phrase qu’une illustratrice que j’avais rencontré des années plus tôt m’avait dite : “ne te perds pas”. C’était ça. Je m’étais complètement perdue moi même.

Bref, je comptes ne plus jamais me retrouver dans cette position. Du moins, même si je n’arriverais pas à restreindre mon besoin d’apprendre tout ce qui gravite autour de mon métier (la passion est aussi là), je comptes me recentrer, afin que mes services soient bien plus qualitatif qu’autrefois.

Je suis freelance, mais cela ne signifie pas que je suis seule. Je rencontres assez souvent d’autres freelances. Et au bout de 6 mois, je sais déjà comment faire tourner mon réseau afin de fournir des services plus complets à mes clients, en allant trouver d’autres experts sur certains domaines.

Je suis freelance : je peux choisir mes clients


Dans cette même ligne directrice, cette possibilité est énorme! En effet, être freelance me donne cette liberté qui me permet de travailler avec des personnes qui sont dans mon optique. Et ce n’est pas rien!

Mon secteur d’activité s’affine

Image représentant la liberté.


Ce point est encore en rodage, mais ça aussi c’est un énorme pas en avant. Depuis que je suis freelance, je revois en profondeur mon champ d’actions. En effet, je m’étais complètement dispersée. Un peu de SEO par là, un peu d’intégration ici, un peu de logotype, un peu de…

Je recadre en ce moment, je retournes dans mes pénates^^ Bonjour logotypes et chartes graphiques, vous m’aviez manqué! Et c’est reparti, affiches et illustrations de nouveau sur mon écran.

Bonjour belles interfaces web, et designs poussés comme épurés! Bref bon retour créativité!

Pas que le secteur, ma clientèle aussi


Aujourd’hui mes cibles ne sont plus celles que j’avais prévues à l’origine. J’ai eu de riches opportunités avec d’autres jeunes freelances, et de superbes opportunités dans le secteur de la recherche. J’espères pouvoir pousser plus loin dans ces domaines. En effet, mes meilleurs clients sont clairement ici.

J’adores mes clients. J’ai eu de tout : le pressé, le désorganisé, le magicien, le passionné, le fauché, le conciliant et le timide…

Je n’ai jamais rencontré autant de personnes en si peu de temps. Et c’était très enrichissant. Certains sont même déjà revenus me voir. C’est un bon signe non?

Et maintenant?

Eh bien je connais déjà les prochaines étapes en fait :

  • Faire en sorte de générer un flot continu de prospects et de clients ( ça avance bien, merci les conseils de Yann le Nen en particulier )
  • Préparer ma future newsletter ( ça aussi c’est en cours )
  • Commencer doucement mais surement à automatiser certaines tâches
  • Préparer des guides liés au design graphique et à la gestion de son WordPress
  • Et surtout : continuer à bien profiter de ma nouvelle vie !

Quand à vous, si vous recherchez un guide sur une thématique particulière, n’hésitez pas à m’en faire la demande! Qui sait, je l’ajouterais peut être à ma liste de guide à préparer.
Par mail ou directement dans les commentaires, je reste à dispo!